Commerçants, artisans, comment assurer vos biens afin d’être indemnisé de façon optimale en cas de sinistre ? Quelles sont les formules d’assurance proposées ? Quels seront les dommages pris en charge ?
En général, les contrats de location ou de crédit-bail fixent les conditions d'assurance. Soit la société propriétaire du matériel laisse à votre charge l’assurance contre la plupart des risques (incendie, tempête, explosion, risque électrique, acte de terrorisme, vol, bris, vandalisme…), soit elle souscrit elle-même l'assurance pour compte commun.
Il doit prendre en compte tous les biens professionnels utilisés pour votre activité, c’est-à-dire non seulement ceux qui vous appartiennent, mais aussi ceux qui vous sont confiés par les clients (pour réparation, par exemple) ou que vous détenez en qualité de locataire (matériel ou locaux loués ou achetés à crédit, par exemple).
Les biens immobiliers
Ce sont les bâtiments ou parties de bâtiments, dépendances et garages destinés à l’exercice de votre profession, les installations qui y sont rattachées (électriques, sanitaires, de chauffage…) ainsi que les revêtements de sols, plafonds et murs. Les chambres froides ou chambres d’affinage constituent également des biens immobiliers.
Les responsabilités attachées aux locaux
Si vous êtes locataire, vous êtes en tant que tel responsable des locaux que vous occupez à concurrence de leur valeur de reconstruction à neuf. L’assurance des risques locatifs garantit ce type de responsabilité.
Dans tous les cas, que vous soyez locataire ou propriétaire, vous devez également garantir votre responsabilité civile à l’égard des voisins et des tiers.
Les biens mobiliers
Il s’agit du contenu, au sens large, de vos locaux professionnels :
Les véhicules et l’assurance auto
Les véhicules font l’objet d’un contrat d’assurance séparé. Si vous avez procédé à des aménagements spéciaux de votre véhicule (publicité peinte sur la carrosserie ou équipements intérieurs) ou si vous possédez un camion-magasin, n’oubliez pas de prendre en compte les aménagements réalisés ainsi que les marchandises contenues et transportées car ils font également partie de vos biens professionnels.
Vos biens professionnels sont exposés à un certain nombre d’événements accidentels (incendie, dégât des eaux, vol…). Pour les protéger, il est possible de souscrire un contrat d’assurance afin de transférer les risques que vous n’êtes pas en mesure d’assumer.
La question de savoir ce qu’il faut ou non assurer doit faire l’objet d’une analyse de risques menée avec l’assureur afin de déterminer les risques majeurs en fonction de votre activité, de l’endroit où elle s’exerce et des capacités financières qui sont les vôtres. En effet, le risque de vol n’est pas le même pour un bijoutier et pour un coiffeur, par exemple. L’assureur vous oriente également sur les mesures de protection qui peuvent être mises en œuvre pour limiter, voire éviter, certains risques tels que le vol, l’incendie…
Pour procéder à cette analyse, un certain nombre d’éléments sont nécessaires à l’assureur et notamment :
En fonction de vos déclarations, l’assureur vous proposera un contrat d’assurance adapté à vos besoins. Il s’agit le plus souvent d’une assurance multirisques commerçant ou artisan regroupant l’ensemble des garanties appropriées à votre activité professionnelle ; toutefois, dans certains cas plus spécifiques, l’assureur peut proposer la souscription de contrats d’assurance séparés.
Les mesures de prévention des risques doivent être adaptées aux caractéristiques de l’entreprise : implantation des locaux, nature des matériaux de construction, emploi de matières dangereuses, volume des stocks…
Grâce à sa connaissance des risques et à son expérience des sinistres, l’assureur peut vous guider dans votre démarche de prévention des risques.
L’assurance incendie, explosion et chute de la foudre couvre les dégâts causés directement aux biens assurés par ces événements et par les opérations de sauvetage.
L’incendie est défini comme la « combustion avec flammes, hors d’un foyer normal », et l’explosion comme une « action subite et violente de la pression ou de la dépression de gaz ou de vapeur ».
Les appareils électriques ou électroniques
Ils peuvent être endommagés par un court-circuit (surtension, foudre…), par un incendie ou par une explosion d’origine interne.
La garantie optionnelle des accidents aux appareils électriques ou électroniques couvre ces dommages.
Vos biens professionnels sont couverts au titre des catastrophes naturelles dès lors qu’ils le sont pour les dommages d’incendie ou tout autre dommage aux biens.
Pour que cette garantie joue, il faut qu’un arrêté interministériel constate l’état de catastrophe naturelle. Une franchise, dont le montant est fixé par la loi, reste à votre charge : 10 % du montant des dommages matériels directs, avec un minimum fixé, depuis le 1er janvier 2002, à 1 140 euros (porté à 3 050 euros pour les dommages imputables à la sécheresse et/ou à la réhydratation des sols).
Toutefois, en cas de sinistres répétitifs, si la commune n’est pas dotée d’un plan de prévention des risques, la franchise est doublée au troisième arrêté constatant la catastrophe naturelle, triplée au quatrième et quadruplée pour les arrêtés suivants.
Vous bénéficiez obligatoirement de la garantie tempête dans la mesure où votre contrat garantit les dommages aux biens.
En dehors de toute obligation légale, cette garantie peut être complétée afin de couvrir les dommages causés par la neige ainsi que par la grêle.
La garantie incendie est obligatoirement étendue à la couverture des dommages résultant d’actes de terrorisme et d’attentats touchant les biens assurés. Les dommages matériels directs, y compris les dommages de contamination et les dommages immatériels consécutifs, sont garantis dans les limites (capitaux assurés, franchise) de la garantie incendie prévues par le contrat. Ne sont toutefois pas couverts les dommages dus à une guerre étrangère ou à une guerre civile.
Vous avez la possibilité de demander une garantie étendue à l'ensemble des dommages matériels, en particulier à ceux de « casse ».
Cette garantie couvre le bris accidentel soudain et imprévu, la destruction ou la détérioration de l’ensemble de votre matériel et de vos machines utilisés dans les locaux d’exploitation. En revanche, elle ne prend pas en compte l'usure, les défauts d’entretien et les dégâts qui relèvent de la garantie du constructeur.
Cette garantie contre le bris accidentel figure souvent dans les contrats d’assurance multirisques des commerçants et artisans. A défaut, vous avez le choix entre une extension et une assurance spéciale.
Tous les éléments couverts doivent être énumérés dans le contrat d’assurance, y compris, le cas échéant, les enseignes lumineuses, parfois assurées en supplément.
Cette garantie prend en charge un ensemble de frais consécutifs au bris des glaces :
En fonction de la garantie de base et des besoins qui sont les vôtres, des extensions peuvent être prévues dans le contrat d’assurance pour couvrir :
Par ailleurs, il est possible de demander à l’assureur de renoncer à exercer un recours contre les clients responsables de bris de glaces.
Cette garantie couvre les dommages provoqués par l’action de l’eau, dans les circonstances fixées par le contrat, le plus souvent :
La prévention des risques
La mise en œuvre de certaines mesures de précaution permettant de réduire le risque de dégât des eaux constitue une condition de garantie.
Les mesures de sécurité les plus courantes figurant dans les contrats d’assurance consistent :
Selon les contrats d’assurance, elle peut aussi couvrir d’autres dommages tels ceux dus au gel, à l’humidité ou à la condensation, ainsi que les fuites provenant des canalisations enterrées ou des canalisations d’alimentation en combustibles liquides, par exemple.
En revanche, la garantie dégât des eaux ne couvre pas le défaut d’entretien ou de réparation.
Dans la majorité des cas, cette garantie est proposée dans le cadre des contrats d’assurance multirisques des artisans ou commerçants.
La garantie vol est plus ou moins large selon le nombre de circonstances qui sont visées dans le contrat : vol par effraction, vol par escalade, usage de fausses clés, introduction clandestine…
Dans les contrats d’assurance des artisans ou commerçants, la garantie vandalisme est souvent accordée avec la garantie vol, car il s’agit d’un événement qui se réalise le plus souvent au cours d’un vol ou d’une tentative de vol. Néanmoins, le vandalisme peut également être couvert en toutes circonstances, c'est-à-dire sans qu’il y ait vol ou tentative de vol (par exemple les graffitis sur façade).
Les frais de clôture provisoire ou de gardiennage rendus nécessaires pour la protection des locaux sinistrés sont couramment garantis.
Pour trouver la garantie la mieux adaptée à votre situation, l’assureur va s’intéresser :
Pour les risques spéciaux relatifs à certaines activités commerciales (bijouteries, stations-service…), l’assureur proposera éventuellement la souscription d’un contrat d’assurance spécifique.
Pour les activités saisonnières, une clause spéciale doit être prévue pour que la garantie vol soit maintenue. Néanmoins, les montants garantis pourront être réduits à un pourcentage plus ou moins important selon la durée d’inoccupation des locaux.
La prévention des risques
Le risque de vol peut être limité, voire évité, en prenant des mesures de prévention et de protection efficaces.
Pour les activités peu sensibles au vol (boulangerie, boucherie, fleuriste…), l’assureur demandera des mesures minimales pour protéger les accès par la mise en place de matériels certifiés A2P (rideaux métalliques, serrures multipoints, barreaux…).
Les activités sensibles au risque vol (vente de bijoux, articles de sport…) et/ou situées dans des zones isolées, nécessiteront des mesures de protection supplémentaires (système d’alarme par exemple).
Pour les liquidités, la mise en place d’un coffre-fort résistant (certifié A2P, scellé dans le sol ou dans le mur) ainsi que des prélèvements fréquents permettent de limiter les risques.
Pour assurer la sécurité des personnes et des liquidités il est indispensable de faire varier les itinéraires et les heures de sortie, et d’utiliser des valises munies de dispositifs anti-agression.
En complément des garanties incendie, explosion, attentat, dégât des eaux, le remboursement des frais et pertes suivants peut être prévu :
Le transport des marchandises
Vous avez le choix entre deux formules :
Pour assurer les objets de collection, peintures, sculptures, meubles rares, manuscrits précieux et autres marchandises de valeur comme les fourrures, il faut une clause spéciale. Par ailleurs, seule une garantie transport de fonds permet d'assurer les espèces.
Les marchandises sous température régulée
Cette garantie couvre la perte des marchandises entreposées dans les appareils de la chaîne du froid (chambres froides, réfrigérateurs, congélateurs, présentoirs réfrigérés…) et, éventuellement, les frais destinés à limiter le coût du sinistre (frais de location de matériel de remplacement, de transport des marchandises…).
Cette garantie peut s’avérer essentielle notamment si le bon fonctionnement de votre activité dépend étroitement de la vente de marchandises périssables (restauration, boucherie/charcuterie, fleuriste…).
Certains contrats d’assurance des commerçants et artisans couvrent la perte de ces marchandises au titre de la garantie risques électriques.
Les foires et les marchés
Lorsque les marchandises exposées sur les foires et les marchés représentent une certaine valeur, il est conseillé de les garantir contre des dommages causés par un incendie, des phénomènes climatiques ou l’action des eaux.
En revanche, pour ce type d’activité, le vol est difficilement assurable du fait de l’absence d’effraction.
Les valeurs déclarées à l’assureur représentent l’indemnité maximale versée après un sinistre, le montant des capitaux garantis doit donc être suffisant pour couvrir le sinistre maximal que vous pourriez subir. A défaut, l’indemnité qui vous sera réglée sera réduite dans la même proportion que l’insuffisance d’assurance constatée, sauf si votre contrat d’assurance prévoit un abandon de la règle proportionnelle. Lorsque la TVA n’est pas récupérable, elle doit être ajoutée dans les montants déclarés.
Ils peuvent être assurés en valeur de reconstruction (matériaux, main-d’œuvre, honoraires d’architecte), soit vétusté déduite, soit en valeur à neuf (c’est-à-dire sans déduction de vétusté lorsque celle-ci n’excède pas 25 %), mais le plus souvent les biens immobiliers sont garantis en valeur à neuf.
Les contrats standard proposent une indemnisation en valeur d’usage (valeur de remplacement vétusté déduite), pour permettre à l’entreprise de racheter un matériel ou un mobilier d’état ou de rendement identiques. L’entreprise qui dispose d’un matériel récent peut cependant opter pour une indemnisation en valeur de remplacement à neuf, incluant les éventuels frais de transport et d’installation.
Pour les matières premières, emballages, approvisionnements, on se réfère au prix d’achat, frais de transport et de manutention compris. En ce qui concerne les autres marchandises (objets fabriqués ou en cours de fabrication), il s’agit du prix d’achat des matières premières et produits utilisés, plus les frais de fabrication exposés, plus une part des frais généraux relatifs à la fabrication.
Les variations de stocks
Pour les marchandises dont les stocks varient parfois beaucoup en cours d'année, il existe des formules spéciales. L'assureur modifie au fur et à mesure (ou chaque mois) le montant de la garantie selon vos déclarations. Vous évitez ainsi deux écueils : celui de payer une cotisation élevée correspondant à un même stock annuel important ou celui d'avoir une garantie insuffisante au moment du sinistre.
Pour éviter à leurs clients des insuffisances d’assurance dues à la hausse des prix, les assureurs proposent systématiquement des contrats d’assurance indexés.
Les cotisations et les garanties évoluent en fonction de l’indice de référence (indice du coût de la construction pour les multirisques, indice risques industriels pour les établissements importants).
Cette précaution ne vous dispense pas de déclarer en cours de contrat d’assurance les nouveaux bâtiments ou matériels, l’accroissement des stocks et, de façon générale, tout ce qui dépasse la valeur des biens indiquée lors de la souscription.
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