Le 24 janvier, la tempête Klaus s'est abattue sur le sud-ouest de la France. Coût global pour les assureurs : 1,5 milliard d'euros. 715 000 sinistres ont été déclarés pour un coût moyen de 2150 euros par sinistre. Face à cet événement, les assureurs de la FFSA ont adopté des mesures facilitant les démarches des assurés et accélérant les procédures d'indemnisation, fruit de leur expérience tirée de la tempête de 1999 :
A ces mesures exceptionnelles, est venu s'ajouter l'engagement de la profession pris auprès de Christine Lagarde d'indemniser en moins de trois mois tous les sinistres aux particuliers d'un montant inférieur à 2000 euros (soit 80% des sinistres déclarés).
Pour répondre au mieux à toutes les sollicitations de leurs assurés, les assureurs ont mis en place un réseau de correspondants chargés, dans chaque département, de coordonner l'ensemble des actions et de dialoguer avec les autorités publiques. Enfin, les assurés ont pu bénéficier d'avances sur indemnisations selon les besoins et circonstances, avec une attention toute particulière aux personnes en grande difficulté du fait des conséquences de la tempête.
Informer, guider, conseiller, rassurer, tels ont été les mots d'ordre de tous les acteurs dépêchés sur place au moment de la survenance de ces deux événements. Les consultations du site ffsa.fr ont été multipliées par deux dans les jours suivant la tempête Klaus avec plus de 10 000 visites par jour. En répondant présents face à l'urgence de la situation et en se mobilisant fortement, les assureurs ont démontré leur professionnalisme et leur dynamisme.
L'assurance est un métier qui fait appel à la réactivité, comme l'ont montré les engagements et la mobilisation de la profession à la suite des tempêtes du début de l'année, mais aussi à la réflexion et aux prévisions afin de mieux gérer les risques. C'est dans cette optique que la FFSA a réalisé une étude centrée sur le coût à venir des événements naturels pour les assureurs.
Les conclusions de l'étude ont été rendues publiques à l'occasion d'un colloque organisé le 29 avril par la FFSA, en présence de Stéphane Hallegatte, membre du GIEC (Groupement d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), de Jacques de Peretti, président de la CPABR (Commission plénière des assurances de biens et responsabilité) de la FFSA, de Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil et de Thierry Hubert, adjoint au chef du service des risques naturels et hydrauliques au MEEDDAT, représentant Chantal Jouanno, Secrétaire d'Etat chargée de l'écologie.
Au cours des vingt dernières années, le coût global des aléas naturels en France s'élève à 34 milliards d'euros pour les seuls assureurs. Rapporté au budget assurance dommages des ménages et entreprises français, cela représente 16% de leurs dépenses. A l'horizon 2030, l'indemnisation des dommages matériels liée aux événements naturels devrait doubler et atteindre 60 milliards d'euros.
Cela tient à deux raisons principales. Tout d'abord, la prise en compte des prévisions socioéconomiques (mouvements de la population, enrichissement des ménages et entreprises,…) montre un accroissement des richesses et de la population dans les zones identifiées à risque. Ensuite, la prise en compte des impacts liés au changement climatique, avec un scénario basé en partie sur les travaux menés par le GIEC qui s'attend à une fréquence et une intensité accrue des événements naturels, donc à une hausse des dommages causés.
Face à un tel constat, les assureurs qui considèrent que le système d'assurance contre les aléas naturels doit demeurer un système fondé sur la solidarité, estiment que les politiques publiques de prévention doivent être renforcées. Il faudrait notamment accélérer la mise en place des Plans de prévention des risques tant d'inondation que de sécheresse, multiplier les zones d'expansion de crues ou encore améliorer la cartographie des risques naturels en France. Pour les tempêtes, aléa qui a été le plus coûteux ces vingt dernières années, les assureurs déplorent la quasi inexistence des politiques publiques de prévention. En outre, les assureurs souhaitent que les missions du Fonds de prévention des risques naturels majeurs, dit Fonds Barnier, soient recadrées. Ce fonds créé en 1995, est un outil de financement des politiques de prévention publique contre les aléas naturels. Il était initialement chargé de financer, dans la limite de ses ressources, les indemnités d'expropriation ainsi que les dépenses liées à la limitation de l'accès à la démolition éventuelle de biens exposées. Au fil des années, le champ d'application du Fonds s'est peu à peu élargi. Le prélèvement sur les cotisations catastrophes naturelles est alors passé de 2 % à sa création à 12 % actuellement.
Tout besoin supplémentaire du fonds se fait donc au détriment des ressources nécessaires à l'indemnisation des dommages. Or, les conclusions de l'étude montrent que les besoins en indemnisation iront croissant dans les prochaines décennies. Les assureurs demandent donc que les missions du Fonds Barnier soient recadrées et que ses modalités de financement soient revues.
C’est l’ensemble des cotisations du marché de l’assurance française en 2011
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