Augmenter la taille du texte Diminuer la taille du texte Envoyer à un ami Imprimer cette page

Risques naturels : un Observatoire pour "améliorer la culture du risque"

Risques naturels : un Observatoire pour
Actualité , 20/01/2012

Lors des Assises nationales des risques naturels, la ministre de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a évoqué la création d'un Observatoire national des risques naturels (ONRN). Celui-ci sera piloté par l'Etat, en partenariat avec les assureurs - à travers la Mission Risques Naturels (MRN) – et la Caisse Centrale de Réassurance (CCR). Entretien avec Michel Luzi, président de la MRN.

catastrophe naturelle | inondation | prévention | tempête

Que va apporter la création de l'Observatoire national des risques naturels ?

 

Il existe de très nombreux acteurs et travaux liés aux risques naturels. Actuellement, chacun collecte de l'information, réalise des études pour des besoins spécifiques locaux ou nationaux, sans véritable lien avec les autres. C'est ainsi par exemple qu'il existe des cartes sur le risque inondation selon différentes échelles (communale, régionale, par bassin versant, ...) selon des règles hétérogènes, avec des mises à disposition incomplètes. Des travaux, souvent ponctuels, sont menés sur des thèmes très variés (hydrologie, géologie, climatologie, géomatique, économie, sociologie, droit, ....).

 

Nous avons donc aujourd'hui une mosaïque phénoménale de travaux, mais l'encyclopédie de ces informations n'existe pas encore. Et le premier rôle de l'Observatoire sera déjà de recenser l'ensemble de ces connaissances et de les mettre à la disposition du plus grand nombre. Il pourra également suggérer des travaux ou des méthodes à intérêt collectif. 

 

Pour chaque citoyen, l'intérêt sera de connaître précisément les risques naturels qu'il encourt selon l'endroit où il vit. Pour le maire d'une commune qui doit gérer la sécurité de ses habitants, cette information lui permettra de mieux identifier les endroits où il peut construire, et ceux qu'il devrait davantage protéger. Pour les assureurs, l'intérêt sera de mieux mesurer les risques auxquels sont exposés les biens qu'ils assurent.

Quelles seront les missions de cet Observatoire ?

Selon le projet actuel, il s'agira d'abord de capitaliser la connaissance sur les aléas et les enjeux, c'est-à-dire de constituer cette encyclopédie à partir des différents travaux qui existent.

 

Ensuite, l'Observatoire contribuera au pilotage et à la gouvernance de la prévention des risques. Il pourra proposer des méthodes de travail à adopter ou à généraliser, à l'exemple des travaux menés dans le cadre de la Directive européenne Inondation.

 

Enfin, il mettra à disposition du public des informations, afin de contribuer à l'amélioration de la culture du risque.

 

Comment la MRN va-t-elle participer à ce projet d'Observatoire ? Quel sera son rôle ?

 

Lors de la survenance d'événements naturels, les assureurs sont largement mis à contribution pour indemniser les victimes. De ce fait, la MRN - association crée en 2000 par les syndicats professionnels des compagnies d'assurances (FFSA et GEMA) - aura un rôle de partenaire privilégié de l'Etat, comme la CCR du fait de son implication dans la réassurance du régime des Catastrophes Naturelles.

 

La MRN aura donc un rôle très actif sur l'ensemble des chantiers menés par l'Observatoire, comme elle est déjà présente depuis 10 ans auprès de nombreux acteurs nationaux et internationaux avec ses travaux et ses animations. Elle jouera également le filtre de ce que la profession pourra apporter comme information sous la forme de résultats d'études, ou de données plus précises dans le cadre de travaux scientifiques. Et les assureurs pourront également être mis à contribution pour leur science probabiliste sur de tels phénomènes.

 

 

Pour notre profession, on peut imaginer quelques exemples de retombées.  Au niveau micro-économique (le risque assuré), les assureurs disposeront d'une meilleure cartographie des vulnérabilités locales, c'est-à-dire des cartes homogènes et complètes sur l'ensemble du territoire avec des nuances sur l'intensité potentielle des événements naturels. Et au niveau macro-économique (national), ils pourront enfin utiliser des références « officielles » sur les événements naturels extrêmes. Ces références « officielles » seront essentielles dans le cadre de l'application de la directive Solvabilité 2 qui impose une mesure précise de ces risques.