Le Mercredi des retraites du 19 mai, rendez-vous animé par Éric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique, était consacré au thème “Retraite et compétitivité”. Bernard Spitz, président de la FFSA, y a présenté le point de vue des assureurs.
Le nombre des retraités va progresser rapidement d’ici à 2050, passant de 15 millions en 2008 à 22,9 millions en 2050, d’après le rapport du Conseil d’orientation des retraites (Cor) publié en avril 2010. Sous l’effet de l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du baby-boom, la hausse sera particulièrement rapide jusqu’en 2035.
Par ailleurs, du fait de la baisse du nombre de cotisants, le rapport entre effectifs de cotisants et effectifs de retraités va considérablement se dégrader pour atteindre, à long terme, un peu moins de 1,2 cotisant pour un retraité.
À l’horizon 2015, le besoin de financement des retraites serait ainsi de l’ordre de 40 milliards d’euros (1,8 point de PIB), alors qu’il était de 16 milliards d'euros (0,7 point de PIB) dans le scénario de base de 2007.
À l’aune de ces prévisions, il est aisé de se représenter la nécessité et l'ampleur de la réforme qui se dessine.
Les assureurs sont les spécialistes de la connaissance des risques de la vie quotidienne et de leur couverture. Ils peuvent donc apporter une contribution utile au débat, sans empiéter toutefois sur le terrain de la négociation entre partenaires sociaux ou forces politiques qui, seuls, ont vocation à définir les contours du pacte social français.
Cette contribution, c'est un éclairage sur l'épargne retraite et son apport en termes de compétitivité.
Complément à la répartition, l’épargne retraite est une épargne de long terme, qui autorise des investissements dans des actifs utiles : obligations, actions, et notamment actions des PME.
Elle permet donc de soutenir l’activité et l’emploi à travers une modernisation des circuits de financement de l’économie. Donnant une définition plus large de la notion de compétitivité, Bernard Spitz a expliqué que la compétitivité d’un pays réside dans sa capacité à améliorer le niveau de vie de sa population. Au-delà d’une notion purement économique, c’est donc aussi une notion sociale : la capacité à redistribuer les richesses via le système de protection sociale. Le système de répartition pur devant tenir compte du choc démographique, il doit être maintenu mais ne peut suffire (cf. prévisions du Cor).
En contribuant à préserver le système par répartition, l’épargne retraite permet donc de préserver le modèle social français, composante essentielle de la compétitivité de notre pays.
Numéro 158 - 1er juin 2010
L’épargne retraite reste aujourd’hui un complément marginal au financement de notre système. L'épargne retraite représentait, en 2009, 11 Mds € de cotisations et moins de 7 Mds € de prestations. C’est moins de 3 % des quelque 250 Mds € de prestations versées par les régimes gérés en répartition.
C’est l’ensemble des cotisations du marché de l’assurance française en 2011
Fédération française des sociétés d' assurances - 26, boulevard Haussmann - 75311 Paris - Cedex 09 - 01 42 47 90 00
Plan du site | Mentions légales | Crédits | Contacts | RSS & alertes e-mail