2009 a été une année de bouleversements et de défis que l’assurance et la réassurance ont relevés. Les assureurs ont su être aux côtés des Français avec promptitude et réactivité lors de catastrophes telles que les tempêtes Klaus et Quinten. Ils ont su innover pour garantir la continuité quotidienne d’une vie la plus normale possible pour les dizaines de milliers de sinistrés. Cette mobilisation s’est poursuivie en 2010, en février pour la tempête Xynthia ou ces jours-ci pour les populations sinistrées dans le Var. Plus généralement, ils ont su jouer leur rôle de protection et d’accompagnement face aux risques auxquels nos compatriotes ont été confrontés tout au long de l’année.
2009 a également été marquée par le travail en commun des acteurs du secteur. Les familles de l’assurance ont régulièrement uni leurs efforts pour proposer les meilleurs services aux assurés. La création de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) a été l’occasion d’une union sans précédent de la FFSA, du GEMA, de la FNMF et du CETIP. Dans d’autres domaines, comme la santé, les familles de l’assurance ont retrouvé une dynamique commune. 2009 a vu en particulier le renouveau de l’Unocam, l’adoption d’une nouvelle gouvernance et l’élaboration d’une plateforme d’économies de dépenses de santé proposées par toutes les complémentaires. Au chapitre des actions unitaires, soulignons enfin les nouveaux progrès réalisés par l’AFA, notamment dans le domaine des statistiques.
La profession peut dire légitimement ressentir la satisfaction et même la fierté d’avoir rempli sa mission en 2009. La satisfaction collective de l’avoir remplie dans un contexte général difficile, en gardant sans cesse en mémoire que le coeur du métier de l’assurance, c’est de protéger les Français dans leur vie quotidienne. La satisfaction d’avoir résisté à la crise financière. La satisfaction d’avoir contribué de façon décisive au financement de l’économie. La satisfaction d’avoir été utile à la défense de l’assurance européenne dans le débat sur les mesures d’application de Solvabilité 2.
La fierté enfin, au sein de la FFSA, d’avoir engagé en profondeur le travail de modernisation auquel Jean-François Lequoy et moi-même, mais aussi toute l’équipe de la maison de l’assurance, sommes attachés : la modernisation de l’outil et des pratiques, avec la refonte totale de nos sites Internet et le redéploiement de nos opérations en région ; l’européanisation dans la gestion des dossiers, symbolisée par l’ouverture de notre bureau à Bruxelles ; l’ouverture sur le reste de la société, via le CORA et le dialogue renforcé avec les pouvoirs publics et les élus locaux, nationaux ou européens.
Il est important de souligner, en 2009, le rôle essentiel dans la stabilisation du système financier joué par les assureurs. Ils ont amorti la crise par leur contribution au financement de l’économie, en France et en Europe. Rappelons en effet que la valeur de marché des placements des assureurs est de 1 616,6 milliards d’euros, soit l’équivalent de 85 % du PIB. Sur ces sommes, une majorité – 54 % – sont des actifs d’entreprises, deux points de plus que l’année précédente. Voilà qui donne à réfléchir : malgré la crise, l’assurance a accru ses investissements dans les entreprises en 2009.
Pour comprendre cette activité, il faut rappeler, pour la souligner, la confiance qu’ont les Français dans l’assurance vie. C’est un produit qui réunit des qualités essentielles : simplicité, souplesse, rendement sécurisé. Elle contribue à la santé du tissu économique français, à la solidité de notre société et à notre avenir à tous. Cette épargne populaire, qui concerne 30 millions de Français, a avant tout besoin de stabilité. Tout ce qui viendra la consolider diminuera les risques d’une éventuelle décollecte en cas de conjoncture difficile.
La clé de notre politique macroéconomique est là : préserver l’assurance vie comme support à l’épargne longue. Le pays est face à des enjeux considérables. Il lui faut à la fois financer dans la durée la croissance et l’investissement. Il lui faut résoudre le problème des retraites. Il lui faut orienter l’épargne là où elle est le plus utile, c’est-à-dire vers le financement des entreprises. Et il lui faut rassurer les marchés sur sa capacité à tenir ses engagements. Cette équation à plusieurs contraintes peut être résolue, mais à une seule condition : celle de préserver l’épargne longue.
Au coeur de l’activité de l’assurance, en 2009, s’est également trouvé le vote de la directive Solvabilité 2, qui réforme la régulation financière régissant les sociétés d’assurances européennes. Puisqu’il reste à en décider les mesures d’application, le processus de mise en oeuvre de Solvabilité 2 se poursuivra en 2010. La FFSA est particulièrement vigilante sur ces questions, à Paris comme à Bruxelles, et nous intensifierons encore nos contacts avec nos homologues européens et avec le CEA.
La régulation ne doit jamais perdre de vue l’intérêt du marché, des industriels comme des assurés : l’excès de régulation est tout aussi nuisible que son insuffisance. Une mauvaise calibration de Solvabilité 2 pourrait avoir comme conséquence l’assèchement de certains segments de marché de l’assurance : ce n’est ni dans l’intérêt de l’industrie, ni dans celui des épargnants. L’hyperprudence aurait un hypercoût, supporté in fine par les assurés.
Sur de nombreux dossiers, tout a été mis en oeuvre pour défendre les spécificités de l’assurance. Il s’agit de préserver la compétitivité et la solidité des entreprises du secteur, tout en veillant sans cesse à rechercher le meilleur service possible pour les assurés. Cette réactivité, ces progrès dans le service et la compétitivité doivent inspirer la FFSA. En élargissant encore son terrain de compétence à l’Europe ; en dialoguant avec tous les acteurs concernés lors des débats où l’angle assurantiel compte ; en développant la qualité du service rendu aux adhérents ; et puis en contribuant à mieux faire connaître les métiers de l’assurance dans le grand public.
En définitive, si nous savons défendre le caractère unique d’un métier que les assureurs français pratiquent avec talent, l’assurance sera l’un des points forts de l’économie du pays, un des piliers du redressement économique et de la croissance. D’autant qu’au développement de l’assurance en France et en Europe va s’ajouter la montée en puissance d’une demande en provenance des pays émergents. Mais l’assurance apportera à la communauté nationale plus encore : nous appartenons à une société où le progrès et l’innovation ne sont soutenables qu’à condition de garantir la protection des citoyens et des entreprises. Pour cette raison, l’assurance sera certainement l’un des fondements du nouveau contrat social du XXIe siècle.
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