Jérôme Cornu
Directeur
Béatrice Gatterer
Responsable des études et enquêtes dommages des particuliers
Direction des études, des statistiques et des systèmes d'information de la FFSA
■ La nature des risques de l'assurance de biens des particuliers s'est sensiblement modifiée sur les dix dernières années. L'assurance automobile, produit d'appel du marché des particuliers, a bénéficié d'une nette amélioration des fréquences d'accidents, due à des comportements plus prudents des automobilistes. Cependant, la hausse du coût des indemnisations ayant compensé en partie la diminution de leur nombre, l'évolution des cotisations moyennes à la baisse (entre – 1 et – 2 % par an ), du fait de la forte concurrence du marché, a conduit l'assurance automobile à des résultats techniques relativement fragiles. La moindre baisse de la sinistralité en 2009 ne fait que confirmer la fragilité de l'équilibre des résultats de cette branche.
L'assurance MRH a au contraire enregistré une aggravation de sa sinistralité, notamment sur les risques les moins fluctuants comme l'incendie ou les dégâts des eaux. L'inflation des réparations, mesurée à travers l'indice FFB, a fortement contribué à cette détérioration. Ainsi les hausses tarifaires enregistrées sur la MRH n'ont-elles pas compensé la dégradation de la sinistralité, conduisant la branche à un ratio combiné comptable toujours supérieur à 100 %, et ce même pour les années sans événement climatique majeur.
■ RECENT DEVELOPMENTS IN PERSONAL PROPERTY INSURANCE
The nature of personal property insurance risks has changed significantly over the last ten years. Motor insurance, which is a loss leader on the personal market, has benefitted from a sharp improvement in the frequency of accidents, resulting from more prudent behaviour by drivers. However, as the rise in the cost of claims has partly offset the reduction in the number of claims, the reduction in average premiums (a fall of between 1% and 2% a year) resulting from the high level of competition on the market, has led to relatively weak technical results in the motor insurance sector. The smaller fall in claims in 2009 merely confirms the fragile equilibrium of results in this branch.
Building and contents insurance, on the other hand, has seen a rise in claims, particularly in respect of the less fluctuating risks such as fire or water damage. The flood of repairs, measured by the French Building Federation's index, has contributed significantly to this deterioration. Consequently, higher buildings and contents insurance premiums have not compensated for the higher number of claims, leading to the combined ratio for this branch remaining above 100% throughout the period, even in years in which there was no major climatic event.
Sur la période 2002-2008, les sinistres automobiles ont enregistré une baisse sensible (près de 3 % par an en moyenne), qu'il s'agisse d'accidents purement matériels, d'accidents à l'origine de dommages corporels, de vols de véhicules ou de dommages de bris de glaces.
Cette nette amélioration est due essentiellement au renforcement des contrôles routiers qui a eu un effet très nettement baissier sur les vitesses moyennes pratiquées sur l'ensemble des réseaux (– 1,4 % par an en moyenne sur la même période).
A contrario, l'exercice 2009 se caractérise par une reprise à la hausse des fréquences due aux mauvaises conditions climatiques mais également à une augmentation de la circulation et une légère remontée des vitesses pratiquées.

Parallèlement, le risque théorique moyen mesuré par la prime pure n'a pas enregistré une baisse aussi sensible sur la période 2002-2008, diminuant en moyenne de 1,6 % par an sur cette période. On retrouve ici l'effet de l'inflation des coûts moyens qui a partiellement compensé l'amélioration des fréquences dans le niveau de prime pure observé.
L'analyse de l'évolution des cotisations moyennes perçues en assurance automobile est assez délicate du fait de l'évolution différente du parc des véhicules assurés en responsabilité civile seule par rapport au parc des véhicules assurés en tous risques. En effet, on observe une amélioration sensible de la couverture d'assurance qui se traduit par une progression plus rapide du parc assuré en dommages au véhicule. Globalement, on estime que la cotisation moyenne, toutes garanties confondues, a enregistré une baisse d'environ 1 à 2 % par an sur les cinq dernières années alors que l'indice général des prix a augmenté en moyenne de 1,5 % par an sur la même période.
Ainsi, le ratio combiné comptable, qui inclut l'évolution globale de la sinistralité ainsi que l'évolution des prix appliqués en assurance automobile, est passé de 97 % en 2003 à 103 % en 2008 (108 % attendus en 2009). Cette progression est liée à la forte concurrence du marché et traduit une détérioration de l'équilibre technique de la branche au cours des dernières années.
Les contrats de multirisque habitation ont enregistré depuis 2001 une forte dégradation de la sinistralité. Même si ces contrats sont fortement influencés par le risque TGN (1), l'analyse des autres garanties, notamment les dégâts des eaux et l'incendie, montre une augmentation sensible des primes pures de ces risques.
En effet, la prime pure dégâts des eaux a augmenté depuis 2001 de 3,7 % par an alors qu'en incendie elle a augmenté de 6,7 % par an. Ainsi, toutes garanties confondues hors TGN, l'augmentation est de 5,2 % par an sur la même période.
L'évolution du prix de la construction, appréhendée à travers l'indice FFB (+ 3,7 % par an sur la période 2001-2009), traduit l'inflation sensible subie par cette branche.

L'exercice 2009 se caractérise par la survenance de fortes tempêtes, notamment « Klaus » en janvier 2009, dont la charge pour les contrats de MRH est aujourd'hui estimée à 985 millions d'euros pour l'ensemble du marché français.
Parallèlement, les conditions climatiques n'ont pas été favorables (notamment la période de froid du début de l'année et divers épisodes orageux) pour les autres garanties qui ont vu en 2009 leur prime pure se dégrader de + 8 % par rapport à 2008.
Ainsi, le niveau élevé du ratio combiné comptable net de réassurance traduit la dégradation de la sinistralité et ce malgré une hausse des cotisations moyennes supérieure à l'inflation depuis 2001.
L'année 2009 se caractérise par un ratio combiné élevé représentant 114 % des cotisations du fait notamment de la tempête « Klaus ». Hormis cet événement, le ratio combiné est estimé à 105 % des cotisations pour 2009.
Note
1. TGN : Tempête, grêle et neige.